Marie

J’ai posé tous mes pas
Sur les rayons dorés
Du grand soleil levant
Confiante
Couchant l’ombre de la peur
Sous l’éclat de mes dents
Mon sourire éclatant
Bannière de mon cœur
N’en finit pas de lever
Les plus amères barrières
Comme une poignée de main
Aller à la rencontre
Comme un frère
Comme une sœur
Me nourrir à la source
D’une joie incandescente
Tout en moi, je le sais
Soleille autrement

Myriam

J’ai trouvé cet endroit
Ce lieu de communion
Où je peux être moi
Tous les “moi”
Pleinement
Dans la beauté du geste
Que d’avoir cinquante ans
Là, plus rien ne m’inquiète
Là, je retrouve foi
Ce lieu dans ma maison
Est derrière les fourneaux
Mon cœur
Je le dépose
Dans chaque plats
Chaque assiette
Je peints sur vos papilles
L’équilibre que je guette
À la table de la vie
Je retiens le meilleur
La folie, ses couleurs,
Mes envies, leurs odeurs,
Et le juste :
Manger ce qui fait sens
Ce qui nourrit nos âmes
Dans une joie
Dévorante.

Emilie

Au cœur de ma fragilité se cache
Ma singularité.
Celle qui fait ma différence.
La source de mon unicité.
Il m’en aura fallu de l’audace
Du courage
Pour déjouer la peur
Pour aller la toucher.
Mais je l’ai fait !
J’y suis !
Je suis là !

Désormais,
Je veux créer
Le monde
Comme je le vois
Avec ses ponts
Ses traits-d’union
En réconcilient
L’histoire
Le présent
L’homme
La femme…
Et l’enfant
Qui sommeille
Par mes rêves
Éveillés !

Claudia

“Ils ont mis dans ma main,
le mouvement…”

C’est en se déplaçant
Qu’ils ont mis dans ma main,
Le mouvement.
Mes yeux regardent partout
Cherchent à comprendre le monde
J’y mets mon énergie
Demain est une bougie
Que je protège encore
Elle me nourrit de beauté
J’avance de tout mon corps

Je danse sans résistance
Les tendances me traversent
Je suis née de l’été
Des ombres qui allongent
Et rendent mes pas légers
Sur le béton du monde.
C’est en se déplaçant
Qu’ils ont mis dans ma main,
Le mouvement.
Depuis je me demande :
Comment le regarder ?

Samia

“Je me vêtis du doute…”

Je me vêtis
Du doute
Pour en faire
Une crinière
Un costume
Un bijou
Je vois sur vos
Visages
Couler
Des lignes
De soi
Je me vêtis
Du doute
Et ne prends
De ses lois
Que ce qui
Vous sublime :
Toutes les fragilités
La force
La liberté

Anne-Marie

La transformation au fil du temps
Qui ne triche pas.
Moi femme, j’aime tricher.
J’aime être flattée. Ce cadeau dont on a besoin.
Et puis ça arrive soudainement
Je dois affronter les faiblesses du temps
Le regard des hommes sur moi est différent
Le pire de tout, on me respecte trop
On ne me provoque plus.
On est poli et respectueux.
Exclusion, implosion visibles.

Mes mains me trahissent chaque jour.
Que d’effort de venir ici aujourd’hui
Faire face à l’objectif et regarder mes mains
80 bonnes raisons de refuser de regarder ma fragilité en face
Je ressors de cette expérience fort adoucie.
Alors que mes questions tournent toujours
Je me souviens de ce que j’étais
Je regarde ce que je suis devenue
Et je me demande ce que je serai.

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